Je ne compte plus les fois où je me suis égaré dans les sentiers sinueux qui n’existent que dans ma tête. Dernièrement j’étais obnubilé – si excité – par ces parties de moi qui me murmuraient à quel point ma vie serait meilleure si j’obtenais davantage, si je la prenais dans telle ou telle position… Chez moi c’est toujours le symptôme d’une perte de connexion avec moi, avec elle. Sans m’en apercevoir, je remonte dans ma tête qui devient alors un refuge où je m’imagine revivre de bons moments passés dans un futur si proche, mais toujours hors de portée.
Heureusement, comme j’aime à le dire, tous les chemins ne peuvent que me ramener à la maison – dans mon coeur – même si certains sont plus longs que d’autres. Je ne peux pas me perdre indéfiniment ! Tôt ou tard, la souffrance me ramène à l’essentiel, au présent, là où tout est possible. C’est toujours un moment qui me fait mal. Celui où l’évidence me frappe, celui où je vois les impacts, sur elle sur moi. Et puis traverser les vagues d’émotions, refaire surface, prendre 100 % responsabilité, corriger le cap…
Et redécouvrir – enfin ! – à quel point je peux la toucher avec amour, avec tant d’amour, sans arrière-pensée, sans agenda, sans me projeter, juste en habitant mes mains, mon corps, mon coeur. Je lisais ceci dans « Un cours en miracles » : Les miracles sont une sorte d’échange. Comme toutes les expressions de l’amour, qui sont toujours miraculeuses, dans leur sens véritable, l’échange inverse les lois de la physique. Elles apportent plus d’amour autant au donneur qu’au receveur.
J’ai souris en me rappelant cette équation qui m’était apparue quand j’avais commencé à lui faire vraiment l’amour : 1 + 1 = 3. J’avais écrit un texte intitulé : « il existe un endroit magique dans le ventre de la femme » dans lequel j’essayais de mettre en mots ce qui m’apparaissaient alors déjà comme un grand miracle. Depuis que je suis rentré à la maison, je retrouve avec un grand bonheur ces espaces miraculeux, qui je le crois sincèrement, sont ouverts à tous les amoureux.
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Blottis ensemble dans cet espace moelleux, quand le temps s’efface devant l’amour, devant ta beauté qui rayonne, qui illumine et tapisse notre chambre de couleurs si vives. J’ai la tête vide enfin, le coeur plein, tout mon corps est baigné par ton amour qui, vagues après vagues, me berce et me garde aimanté – littéralement – contre toi, contre ta peau si chaude, si douce. Et je suis plongé dans cet espace intérieur si particulier, où je suis en paix, en gratitude, dans cette plénitude qui – je le sais – se trouve dans mes profondeurs, et que tu m’aides à toucher, quand tu t’abandonnes, quand tu m’ouvres les portes de ton Temple le plus sacré.
~Jean-Philippe Ruette