Quand je me prolonge en toi…

u-delà du va-et-vient frénétique, si souvent à sens unique, existe un espace plus tranquille, plus intime, qu’on découvre tendrement en ralentissant, en prenant tout son temps. Cette connexion plus subtile nous ramène dans ces moments complices où les regards se disent, où les peaux se murmurent, où les caresses sont offertes sans conditions…

J’aime aussi parfois, être immobile en toi, à te respirer, à t’ensemencer de cet amour que tu m’offres, de cette beauté qui émane de toi et qui ouvre mon cœur si naturellement… Quel délice de rester là, abandonné en toi, dans cet espace long comme une éternité, qui s’ouvre entre deux caresses intérieures…

Quelle émotion de rester là, sans faire un geste, à te contempler, à te voir t’illuminer et devenir cette fontaine d’amour qui prend vie dans ton ventre fécond ! Quelle émotion de sentir cette fusion, cette disparition progressive de nos corps fondus dans une même bulle intemporelle, éternelle, océanique…

Merci pour ce « oui » murmuré que tu m’as offert de tes yeux mi-clos dans la lumière d’un samedi matin, tout près de ce lac ensoleillé. Merci pour cette complicité renouvelée, pour cette confiance accordée. Merci pour ces mots d’amour qui montent de mon cœur comme une bénédiction, comme des fleurs qui s’ouvrent, comme des rires d’enfants…

~Jean-Philippe Ruette